Belharra, la vague géante du Pays basque

Série photographique documentaire autour du surf à Belharra. Attente, corps et tension face à la vague. Vagues XXL, 2014, quinze mètres.

Il est 21h30 ce 6 janvier 2014 lorsque je reçois un septième SMS : « Salut JC, RDV demain 7 h 15 port de Ciboure, sois à l’heure. Aloha. » Bingo. J’ai une place sur un bateau pour photographier un des plus gros swells attendus au large de Saint-Jean-de-Luz et Socoa. Urgence : préparer le matériel, charger quatre batteries, vérifier les cartes CF et faire tenir le tout dans le sac.

À 7 h 15, l’équipage est là. À 8 h 00, nous décollons. Le jour se lève et Belharra est encore douce, presque apaisée. Peu à peu les bateaux et les jets arrivent. J’aperçois Pilou Ducalme, Shane Dorian, Benjamin Sanchis, Justine Dupont. Entre les séries, on discute. La vague couvre parfois nos paroles. Puis les cris éclatent : Shane Dorian vient de prendre Belharra à la rame. D’autres suivent. Les tractés s’arrêtent pour laisser la place à ceux qui tentent le monstre à la force des bras.

La marée baisse et Belharra se renforce. Certaines vagues dépassent les dix mètres. On m’assure que cela grossira encore. En milieu de journée, les plus gros sets approchent les quinze mètres. La vague est énorme. On ne se croirait pas en France.

Je reste près de dix heures sur l’eau, secoué, sans manger ni boire, avec un mal de mer en option. Vers 13 h, une seule vague casse six planches. Quand on voit leur taille et leur épaisseur, on imagine la pression subie. Nous quittons Belharra à 17 h 00, premiers arrivés, derniers partis. Un pincement au cœur. La vague fonctionne encore quand nous nous éloignons.


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