Je me lève tôt

Sinon, à part ça, je me lève tôt. Apanage de la vieillesse ou simple charge mentale de l’adulte ? Mon premier challenge, à peine le pied posé sur le carrelage froid, c’est de ne pas réveiller le reste du foyer.

J’ai développé des techniques que je peaufine au fur et à mesure du temps. Avec plus ou moins de succès, d’ailleurs. Ça commence à l’heure du café (généralement quatre minutes après le réveil). À ce sujet, j’ai acheté une cafetière américaine programmable. Le genre des séries TV. Deux litres de contenance programmés la veille pour être prêts quand je sors mon petit cul du lit. Indicateur de temps de chauffe, etc. La totale.

Donc, je disais : vient l’heure du café. J’essaie de ne pas faire de bruit en appliquant une technique (qui ne fonctionne jamais) que j’appelle le demi-mouvement. L’idée, c’est de raccourcir les gestes pour raccourcir les bruits. Sauf que mes bras sont crispés et, souvent, je perds le peu de dextérité que j’avais.

Quand je casse ma tasse, la stratégie du demi-mouvement n’a pas fonctionné et j’essaie d’enregistrer l’erreur pour ne pas la répéter. Le problème, c’est que je n’ai pas d’autres techniques dans ma besace. En plus de devoir nettoyer et refaire un café, je change mes fringues et je finis par me faire engueuler pour avoir réveillé tout le monde. C’est ma vie de maladroit.

Mais j’adore le matin. L’ambiance n’est pas la même selon l’heure. C’est une histoire de tranches horaires, et c’est cartésien. Le créneau 4 h – 5 h, c’est celui que j’aime beaucoup. Parce que c’est le premier café, mais aussi parce qu’il n’y a aucun bruit dehors et que je prends la température de la journée. Je me sens unique.

Le créneau 5 h – 6 h, c’est différent. Ça sent déjà moins la nuit. Mon cerveau est à fond. Les e-mails s’enchaînent. C’est la tranche la plus productive pour moi.

Le créneau 6 h – 7 h est celui que j’aime le moins. J’ai un peu abusé des cafés et mon estomac me le rappelle. Mon mal de dos aussi, car ça fait deux heures que je geeke sur une table basse, tout courbé.

Comme dirait l’autre : « J’ai beau être matinal, j’ai mal. » (La jeune génération, si tu ne connais pas, je te laisse creuser.)

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