On est les Sheriff et on fait du bruit

J’ai un rapport bien particulier avec ce groupe. Ou plutôt avec un morceau. J’avais 14 ans, des bombecs plein les poches et des lacets de couleurs sur mes Doc Martens quand je découvre les $heriff au travers du titre « À coup de batte de baseball ». Bien que ce ne soit pas le son le plus élaboré de la création musicale, il était au centre d’une révolte contre les codes établis.

Le 29 mai, j’ai kiffé ma soirée punk rock à l’Atabal avec les $heriff. J’avais gagné quatre places pour ce concert que je guettais depuis longtemps. Merci Wave Radio. J’emporte donc les potes dans mon épopée et on part chercher un snack avant le concert. À défaut d’un American steak à l’ancienne (pour aller écouter un groupe d’anciens entre jeunes vieux que nous sommes), on a fini au Subway.

Deux jeunes nous accueillent dans un lieu vide. Ils nous demandent si on est venus à moto. Les vestes en jean, ça les a impressionnés, je pense. Le plus jeune met du son et ajoute : « Je vous ai mis AC/DC, mon père adore. » On prend un coup de vieux. Je lui réplique qu’on n’a pas 70 piges mais qu’il peut monter le son. On veut commander des bières, mais il précise qu’ils n’en vendent pas, qu’on peut aller au bar à salades en face. Je sais, c’est chelou comme situation.

Au moment de commander, on nous pose des tas de questions. C’est fatiguant le concept Subway. Payer et réfléchir à leur place, ça me gonfle. Je dis au jeune de faire comme si c’était pour lui. Mauvaise pioche, il me répond qu’il est végétarien mais ajoute que le bœuf au poivre sent super bon blablabla. Décidément, il est surprenant ce jeune. Je valide le choix. Il passe le sandwich à sa collègue qui me demande quel fromage je veux. Même combat.

Je lui dis : « Tu prendrais quoi ? »
Elle me répond : « Je ne mange jamais SUBWAY. »

Je bloque, pensant qu’elle déconnait, quand je comprends qu’elle n’avait jamais goûté ses produits. Là t’es à deux doigts de reposer ta bouffe.

À l’Atabal on se gare, à demi rassasié (le pain au Subway, c’est pas du vrai pain qui tient au ventre et éponge les bières). Ça rôde dehors autour de la salle, j’aime bien cette ambiance. On commande quelques boissons au bar et la première partie commence. DIRTY FANZY envoie du riff devant le comptoir. Parfait.

Quand on annonce les SHERIFF, je suis comme un dingue. Avec les gueules cassées, on entre dans la petite salle conviviale où c’est déjà le feu. De gros riffs qui sonnent comme à la bonne vieille époque. Olivier au chant est à l’aise, les mots coulent tout seuls. C’est cool le punk français fait comme ça, et bordel, sans eux il n’y aurait peut-être pas tout ce qu’on écoute aujourd’hui.

Ça chante, ça gueule, ça pogote (je sais pas si ça se dit). La foule est hétéroclite. Mes voisins récitent les titres par cœur. Ils présentent hyper bien, j’adore les imaginer à 20 ans en rangers à faire des pogo. Comme quoi on ne sait jamais sur qui on tombe, et ton banquier, il a peut-être écouté les $heriff.

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